Salon du Livre de Boulogne-Billancourt

Nicolas d’Estienne d’Orves

En signature dimanche à l’hôtel de ville.

© Bruno Levy
© Calmann Levy

« J’ai toujours associé l’amour à la lumière. Quelque chose de doux mais d’aveuglant, comme la caresse du soleil qui peu à peu devient brûlure. » Le livre commence ainsi, écrit comme un journal intime, avec les mots de Simone. Son coup de foudre avec Montand en août 1949 sous le soleil de Saint-Paul-de-Vence a été si souvent raconté qu’il en est devenu légendaire. Le couple qui se forme ce jour-là est marqué par la passion, par l’absolu. Elle abandonne mari et enfant, il laisse de côté ses innombrables maîtresses. Tous deux fascinent, d’autant que leur vie commune ne manque pas de matière : tournages, spectacles, couvertures de magazines… De l’amour, du glamour. Montand gagne ses galons d’acteur avec Le Salaire de la peur, elle rayonne de talent et de beauté dans Casque d’Or. Leur positions politiques interrogent, ils sont engagés, et même quand ils se fourvoient — comme lors du voyage en URSS en 1957 —, on leur pardonne car ils en reviennent lucides.
Cette surexposition permanente, c’est Signoret qui en paie le coût. Les producteurs français la délaissent. Elle accepte un film aux États-Unis, emballe les Américains, remporte un oscar, première Française à gagner la statuette. Ce rêve américain doit se vivre à deux : Montand la rejoint, conquiert Broadway. L’épisode suivant est bien connu : sa liaison avec Marilyn, la tromperie apprise par la presse… Rien n’est plus comme avant, une façade seule demeure. Simone dira qu’une partie d’elle a disparu avec la trahison exposée aux yeux de tous. Nicolas d’Estienne d’Orves dresse le portrait d’une femme à l’écoute de son temps, amoureuse éperdue mais fière, actrice pour toujours exceptionnelle.