Samedi à 16h – Conversation avec…
Hôtel de ville, salle des Conseillers (1er étage)
En signature samedi et dimanche à l’hôtel de ville.


Un homme parle, il raconte sa fuite avec ses deux enfants hors de Paris, en proie à la guerre civile. La
route sera longue et semée de dangers, et aussi de rencontres, certaines lumineuses. Le Boulonnais
Fabrice Humbert livre un roman haletant aux allures de conte, qui parle de ce qui fait l’essence de la vie.
Que veut dire ce titre ?
De l’autre côté de la vie est repris d’une phrase de Céline dans Voyage au bout de la nuit. Plusieurs sens s’enchevêtrent dans ce titre : passer de l’autre côté de la vie normale, sans doute, mais aussi trouver la pureté et l’innocence.
Pourquoi avoir adopté cette forme littéraire du roman, entre conte et dystopie ?
La dystopie décrit souvent les limites d’une société, lorsque les cadres sociaux éclatent. C’est une forme très riche narrativement car tout peut arriver et surtout l’éclatement des cadres sociaux permet de montrer le propre de l’homme, ce dont il est capable en dehors des limites sociales, pour le pire peut-être, mais aussi pour le meilleur. Quant au conte, il est pour moi la forme première, celle qui m’a conduit à la littérature, et son mélange de cruauté et d’innocence est un modèle pour mon roman.
En pleine guerre civile, vous faites dire à votre narrateur « Nous nous sommes contentés de regarder. »… Est-ce un reproche à notre époque ?
C’est l’attitude habituelle des peuples. Mon personnage n’a pas agi, n’a même pas protesté lorsque la situation politique et sociale s’est tendue, contrairement à sa femme par exemple. Toute époque agit ainsi
et la nôtre, en effet, n’y échappe pas.
Sans la dévoiler, vous imaginez une fin optimiste et même teintée d’hédonisme. Garder l’espoir ?
Oui, garder l’espoir, absolument. Je ne conçois pas de littérature du désespoir et je crois qu’il n’y en a pas, parce que la seule écriture est un espoir et un acte. Le désespoir est une mort, l’écriture, la lecture, la littérature sont des actes de vie et, d’une façon ou d’une autre, des marques de confiance.
(Propos recueillis par Christiane Degrain)
