Rencontre « Mémoires en lumière »
Dimanche à 16h30 – Amphithéâtre Landowski
Dominique Missika est en signature samedi et dimanche à l’hôtel de ville.


Historienne, écrivaine, autrice de plusieurs biographies, Dominique Missika raconte Irène Nemirovsky, un « vrai personnage de roman ». Une femme ardente et complexe, toujours libre, même au milieu des guerres et des révolutions. Romancière à succès, égérie des Années folles parisiennes, elle est arrêtée en 1942 et meurt à Auschwitz. Elle revit grâce à ce portrait documenté, nuancé, sensible.
Vous avez déjà évoqué Bernard Natan, Robert Badinter, Simone Veil… Comment êtes-vous arrivée à Irène Némirovsky ?
J’ai le goût de la biographie. Il y a fort longtemps, j’ai rencontré les deux filles de la romancière, qui m’avaient bouleversée. Et par un hasard incroyable, je rends souvent visite à des amis qui habitent Autun, à 30 kilomètres d’Issy-l’Évêque, ce village du Morvan où elle s’est réfugiée et où elle a écrit Suite française. Je connaissais donc les lieux…
Sur quelles sources avez-vous travaillé ?
À la fois ses manuscrits et ses journaux de travail conservés à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine, les archives de son petit-fils, et la presse de l’époque.
Vous l’évoquez, avant-guerre, comme une femme et épouse comblée, autrice à succès, mais mentionnez une « image trompeuse » ?
Elle semble comblée, mais reste tourmentée par la haine que lui voue sa mère, par ses soucis d’argent après la crise de 1929, et par son inquiétude face à la montée du péril nazi.
Comment a pu se produire ce spectaculaire « retour » sur le devant de la scène et ce prix Renaudot 2004 à titre posthume pour son roman Suite française ?
Suite française, écrit à chaud pendant la débâcle de l’armée française et l’occupation par des troupes allemandes du village où elle se trouve, offre un tableau saisissant de la France, servi par une plume d’une rare efficacité, ce qui a été un choc pour les lecteurs. Elle avait été la « Sagan des années 30 », il était temps de la tirer de l’oubli !
(Propos recueillis par Christiane Degrain)
